Comment FABRIQUER un AVION TÉLÉCOMMANDÉ de A à Z - Guide complet
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
🤓 Réponse express
Pour fabriquer un avion télécommandé en carton, il faut construire une aile légère avec un profil arrondi et un léger dièdre, ajouter un fuselage, un empennage mobile, puis installer une chaîne de propulsion composée d’une batterie LiPo, d’un ESC, d’un moteur brushless, d’un récepteur et de servomoteurs. Comptez une journée de construction pour un premier prototype, puis quelques réglages — et probablement un peu de colle après le premier atterrissage « créatif ».
Vous rêvez de fabriquer un avion télécommandé maison qui vole vraiment ? Bonne nouvelle : pas besoin d’une usine aéronautique, d’une soufflerie ou du budget d’Airbus. Avec du carton, de la colle chaude, quelques composants électroniques et une bonne dose de curiosité, vous pouvez construire votre propre avion radiocommandé RC.
J’ai réalisé ce projet lorsque j’animais la chaîne YouTube Lance Toi. La vidéo a très bien fonctionné, sans doute parce qu’elle réunissait trois ingrédients universels : du bricolage, un avion… et des crashs. Depuis, je suis devenu ingénieur en aéronautique et j’ai créé Les Apprentis Curieux pour aider les jeunes à comprendre les sciences en fabriquant de vrais objets.
⚠️ Avant de commencer
Ce projet utilise un cutter, un pistolet à colle, un fer à souder, une hélice rapide et une batterie LiPo. Pour une personne mineure, la présence active d’un adulte compétent est indispensable. Retirez toujours l’hélice pendant les réglages électroniques.
Fabriquer un avion télécommandé : l’essentiel en un coup d’œil
Élément | Recommandation pour débuter |
Structure | Grand carton ondulé léger et assez rigide |
Envergure | Environ 80 cm dans le tutoriel original |
Batterie | LiPo 3S, capacité adaptée au poids de l’avion |
ESC | Compatible avec le moteur et doté d’un BEC |
Moteur | Brushless, choisi avec l’hélice et l’ESC comme un ensemble |
Commandes | Profondeur + direction au minimum ; ailerons recommandés |
Servomoteurs | Modèles légers de type 9 g |
Radio | Émetteur et récepteur compatibles, 4 voies ou plus |
Budget | Environ 100 à 150 € au démarrage, puis une partie du matériel est réutilisable |
Difficulté | Intermédiaire, accessible à un débutant patient et bien accompagné |
Étape 1 — Regarder la vidéo du tutoriel
La vidéo reste le meilleur moyen de comprendre les gestes : rainurer le carton sans le traverser, former le bord d’attaque, assembler les ailes en V, installer les tringleries et vérifier les commandes.
Regardez-la une première fois en entier avant de couper quoi que ce soit. Cela évite le grand classique du bricolage : découvrir à l’étape 6 que la pièce découpée à l’étape 2 devait en fait rester entière. Ensuite, revenez sur chaque séquence pendant la construction.
Ce tutoriel présente un prototype fabriqué librement, sans plan prédéfini. Si votre priorité est d’obtenir un avion qui vole bien dès le premier essai, partez plutôt d’un plan éprouvé. Si votre priorité est d’apprendre, d’expérimenter et de comprendre pourquoi un objet vole — ou ne vole pas encore — alors bienvenue dans l’aventure.
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Vous pouvez aussi fabriquer un planeur en carton avant de passer au moteur.
Étape 2 — Rassembler le matériel
Les outils et matériaux de base
un grand morceau de carton ondulé, léger mais rigide ;
un cutter bien affûté et une paire de ciseaux ;
une règle longue, une équerre et un crayon ;
un pistolet à colle chaude et des bâtons de colle ;
du ruban adhésif solide, idéalement renforcé ;
du fil de fer rigide pour les tringleries ;
des pailles pour guider les tringleries ;
des piques à brochette pour immobiliser le bloc moteur ;
une petite plaque de contreplaqué fin ou un support moteur adapté ;
de la mousse ou un matériau amortissant pour protéger la batterie ;
des connecteurs compatibles et de la gaine thermorétractable.
L’électronique de l’avion RC
une radiocommande et son récepteur compatible ;
une batterie LiPo 3S ;
un chargeur équilibré conçu pour les batteries LiPo ;
un moteur brushless ;
un ESC, ou contrôleur électronique de vitesse, avec BEC ;
une hélice compatible avec le moteur ;
deux à quatre servomoteurs légers de 9 g ;
les connecteurs nécessaires, souvent de type XT60 côté batterie.
💡 Le bon raisonnement
Ne choisissez pas le moteur, l’ESC, l’hélice et la batterie séparément « au feeling ». Ils forment une chaîne de propulsion. Le courant maximal du moteur avec l’hélice choisie doit rester inférieur à la capacité de l’ESC, avec une marge de sécurité. Pour un premier avion, un ensemble moteur + ESC + hélice déjà compatible simplifie beaucoup la vie.
Une batterie de grande capacité offre davantage d’autonomie, mais elle est aussi plus lourde. Pour ce type de prototype, une LiPo 3S comprise approximativement entre 1 300 et 2 200 mAh peut constituer un point de départ, à adapter au poids final et aux recommandations du moteur. Plus gros n’est pas toujours mieux : une brique volante reste une brique, même avec une excellente batterie.
Le premier avion représente l’investissement principal, car la radiocommande, le chargeur, le récepteur et parfois le bloc moteur pourront être réutilisés. Le coût d’une nouvelle cellule en carton devient ensuite bien plus faible.
Étape 3 — Construire les ailes
L’aile est la partie la plus importante de l’avion. Son rôle est de produire de la portance, c’est-à-dire la force qui permet à l’appareil de rester en l’air. Une aile plate pourrait planer dans certaines conditions, mais un profil arrondi et régulier sera plus efficace et plus tolérant.
3.1 Découper deux panneaux


Découpez deux rectangles d’environ 40 cm de long pour obtenir une envergure proche de 80 cm une fois assemblés. Les dimensions exactes dépendent de votre carton, mais les deux panneaux doivent être parfaitement symétriques.
Si vous disposez d’une plaque assez grande pour réaliser l’aile en une seule pièce, profitez-en : elle sera plus solide. Dans le cas contraire, l’assemblage central devra être soigneusement renforcé.
3.2 Former le bord d’attaque
Tracez une ligne à environ un tiers de la largeur de l’aile, puis ajoutez six lignes parallèles espacées d’environ 1 cm. Avec le cutter, incisez seulement la première peau du carton : il s’agit de créer des rainures, pas de découper six ailes supplémentaires par accident.
Pliez progressivement le carton le long de ces rainures. Commencez doucement dans un sens, puis dans l’autre, afin d’obtenir un bord d’attaque arrondi sans casser la plaque.
3.3 Ajouter une structure interne
Découpez plusieurs longues bandes de carton. Collez-en trois ou quatre en épaisseur afin de former un longeron léger. Positionnez ce renfort quelques centimètres derrière les rainures, puis faites un montage à blanc avant de coller.
Une fois la forme validée, appliquez la colle, rabattez l’aile et maintenez-la jusqu’au refroidissement. Le profil doit rester régulier, rigide et identique à droite comme à gauche.
3.4 Donner du dièdre à l’aile
Assemblez les deux demi-ailes avec un léger angle en V, appelé dièdre. Cette forme améliore la stabilité latérale, particulièrement utile sur un avion d’apprentissage.
Pour créer cet angle, raccourcissez très légèrement la peau supérieure au niveau de la jonction. Collez d’abord le dessous, maintenez les extrémités relevées de façon symétrique, puis renforcez le dessus avec de la colle et du ruban adhésif.

📐Contrôle qualité
Posez l’aile sur une table et mesurez la hauteur de chaque saumon. Les deux côtés doivent être aussi symétriques que possible. Une aile bancale peut voler, mais elle aura des opinions très arrêtées sur la direction à prendre.
Étape 4 — Fabriquer le bloc moteur et installer l’électronique
Le tutoriel utilise un bloc moteur amovible. C’est une excellente idée : la batterie, l’ESC et le moteur sont réunis dans un module que l’on peut retirer pour la maintenance ou réutiliser sur un autre prototype.
4.1 Construire le caisson
Mesurez votre batterie et dessinez un patron de parallélépipède en laissant un peu de jeu pour la mousse, les câbles et la ventilation. Rainurez les plis, repliez le carton puis collez le caisson.
La batterie doit rester immobilisée pendant le vol, sans être comprimée. Ajoutez de la mousse sur les zones d’impact potentielles. Placez surtout une cloison entre la batterie et les extrémités des vis du moteur : une LiPo n’apprécie pas les rencontres rapprochées avec une vis pointue.
4.2 Fixer le moteur
Fixez le moteur sur une petite plaque de contreplaqué fin ou un support moteur prévu à cet effet. Évitez les plastiques qui ramollissent à la chaleur. Vissez la croix métallique du moteur sur la plaque, puis solidarisez celle-ci au bloc avec une fixation mécanique fiable, renforcée par de la colle et du ruban adhésif.
Vérifiez que rien ne peut toucher la cloche tournante du moteur et que l’air circule autour de l’ESC.
4.3 Réaliser les branchements
Le câblage suit ce chemin :
la batterie alimente l’ESC ;
les trois fils de l’ESC alimentent le moteur brushless ;
le câble de commande de l’ESC rejoint la voie des gaz sur le récepteur ;
le BEC intégré à l’ESC alimente le récepteur et les servos ;
chaque servomoteur se branche sur la voie correspondante.
Si le moteur tourne dans le mauvais sens, n’inversez jamais le positif et le négatif. Débranchez la batterie, puis échangez deux des trois fils situés entre l’ESC et le moteur.
⚠️ Important
Utilisez de préférence une batterie et un ESC déjà équipés de connecteurs compatibles. La soudure des câbles de puissance doit être réalisée par une personne compétente, batterie débranchée, avec chaque conducteur isolé séparément. Ne soudez pas directement sur les cellules d’une batterie LiPo.
Étape 5 — Construire le fuselage
Le fuselage relie l’aile, le moteur et l’empennage. Il doit être droit, suffisamment rigide et assez long pour permettre un centrage correct.
Découpez une longue bande de carton, puis formez une section rectangulaire dans laquelle le bloc moteur peut coulisser sans forcer. Prolongez cette structure vers l’arrière pour recevoir l’empennage.
Dans le tutoriel original, la longueur du fuselage est estimée à environ deux fois la corde de l’aile. Ce n’est pas une formule magique : considérez-la comme un point de départ et prévoyez de pouvoir déplacer la batterie pour ajuster le centre de gravité.
Collez solidement le fuselage sous l’aile, parfaitement dans l’axe. Le bloc moteur, lui, ne doit pas être collé : il est maintenu par des piques à brochette traversant le fuselage et le module, ou par une fixation mécanique équivalente.
Avant de percer, vérifiez que les piques ne peuvent toucher ni la batterie ni les câbles. Et avant chaque vol, vérifiez qu’elles sont bien en place. Un moteur qui quitte l’avion en plein ciel, c’est spectaculaire, mais ce n’est pas la séparation des étages que nous recherchons.
Étape 6 — Fabriquer la direction, la profondeur et les ailerons
Petite précision de vocabulaire : à l’arrière, on trouve la dérive avec sa gouverne de direction, et l’empennage horizontal avec sa gouverne de profondeur. Sur les ailes se trouvent les ailerons.
La profondeur fait monter ou descendre le nez.
La direction fait pivoter l’avion à gauche ou à droite autour de l’axe vertical.
Les ailerons inclinent l’avion pour faciliter les virages et améliorer le contrôle en roulis.
6.1 Réaliser l’empennage
Découpez un stabilisateur horizontal et une dérive dans du carton. Ils doivent être assez grands pour stabiliser l’appareil, mais pas surdimensionnés au point d’alourdir exagérément l’arrière.
Tracez la ligne de charnière de chaque gouverne. Découpez un V peu profond sur le dessus tout en conservant la peau inférieure du carton comme articulation. Renforcez cette charnière avec du ruban adhésif si nécessaire. La gouverne doit bouger librement, sans jeu excessif.
Collez l’empennage horizontal bien parallèle à l’aile, puis la dérive exactement perpendiculaire. Utilisez une équerre plutôt que l’instrument de mesure très répandu appelé « ça a l’air droit ».
6.2 Installer les servomoteurs et les tringleries
Fixez les servos dans le fuselage. Fabriquez de petits guignols triangulaires et collez-les sur les gouvernes. Reliez chaque palonnier de servo à son guignol avec un fil rigide. Faites passer le fil dans des pailles collées au fuselage afin d’éviter qu’il ne flambe sous l’effort.
Centrez électroniquement les servos avant de fixer les palonniers, puis placez toutes les gouvernes au neutre. Réduisez les débattements pour les premiers vols — par exemple autour de 60 % si votre radio le permet — et ajoutez de l’exponentiel selon la notice de votre émetteur.
Le prototype original a d’abord été essayé avec seulement la direction et la profondeur, puis des ailerons ont été ajoutés pour obtenir un contrôle plus convaincant. Pour ce type d’avion en carton, nous recommandons donc trois axes : direction, profondeur et ailerons, à condition de savoir les régler correctement.
Étape 7 — Sécuriser la batterie et l’électronique
Cette partie mérite mieux qu’un petit paragraphe entre deux vols. Une batterie LiPo offre beaucoup de puissance pour un faible poids, mais elle peut brûler si elle est percée, court-circuitée, surchargée ou mal utilisée.
Règles essentielles pour une LiPo
Utilisez uniquement un chargeur équilibré compatible LiPo et le bon nombre de cellules.
Chargez la batterie sur une surface incombustible, dans un environnement dégagé et sous surveillance.
Respectez les limites et instructions du fabricant ; ne vous fiez pas uniquement à la tension nominale « 11,1 V » inscrite sur une 3S.
Réglez la coupure basse tension de l’ESC et chronométrez les premiers vols.
Une cellule LiPo ne doit jamais descendre à une tension excessivement basse ; une batterie 3S à 9 V au repos est déjà dans une zone critique.
Pour le stockage, utilisez le programme « storage » du chargeur, généralement autour de 3,8 V par cellule selon le fabricant.
Débranchez la batterie après le vol : l’électronique continue à consommer même moteur arrêté.
N’utilisez jamais une batterie gonflée, percée, écrasée, anormalement chaude ou endommagée après un choc.
Protégez-la avec de la mousse, mais ne l’enfermez pas sans ventilation.
Ne volez pas au-dessus d’herbes sèches, de cultures, de personnes, d’animaux, de routes ou de bâtiments.
Sécurité autour de l’hélice
Retirez l’hélice pendant l’appairage, la programmation, les tests de servos et le réglage du fail-safe. Une fois l’hélice installée, considérez que le moteur peut démarrer à tout instant. Gardez les doigts, les vêtements, les câbles et les personnes à l’écart du disque de rotation.
Configurez un interrupteur de coupure moteur et un fail-safe qui coupe les gaz en cas de perte de signal. Effectuez également un test de portée conformément à la notice de votre radiocommande.
Étape 8 — Régler et faire voler l’avion
Avant le terrain, entraînez-vous sur un simulateur RC tel que PicaSim ou une solution équivalente. Dix minutes de simulateur coûtent moins cher qu’une hélice, et nettement moins cher qu’un champ de blé.
Checklist avant le premier vol
La structure est rigide et rien ne bouge dans le fuselage.
Le bloc moteur et la batterie sont solidement immobilisés.
Les fixations, connecteurs et câbles sont intacts.
L’hélice est montée dans le bon sens et correctement serrée.
La radio est allumée avant la connexion de la batterie, selon la procédure du fabricant.
Le test de portée est satisfaisant.
Le fail-safe coupe bien les gaz.
Le manche à gauche fait aller la direction à gauche.
Le manche de roulis à gauche fait monter l’aileron gauche et descendre le droit.
Tirer sur la profondeur fait monter le bord arrière de la gouverne.
Toutes les commandes reviennent au neutre sans forcer.
Le centre de gravité est vérifié.
La zone de vol est autorisée, dégagée et adaptée à l’aéromodélisme.
Vérifier le centre de gravité
Sur ce type d’aile, commencez prudemment autour de 25 à 30 % de la corde mesurés depuis le bord d’attaque, puis affinez selon la géométrie et le comportement. Soutenez l’avion sous les deux ailes au niveau de ce point. Le nez doit être horizontal ou très légèrement plongeant.
Un centrage trop arrière rend l’appareil instable et difficile à récupérer. En cas de doute, préférez un centrage légèrement avant et déplacez la batterie progressivement. Ne compensez pas un gros défaut de centrage uniquement avec le trim de profondeur.
Choisir le lieu et les conditions
Pour débuter, rapprochez-vous idéalement d’un club d’aéromodélisme. Vous bénéficierez d’un terrain adapté, d’une assurance et de personnes expérimentées pour contrôler votre appareil.
Sinon, vérifiez la réglementation française en vigueur, les restrictions locales et la carte officielle Géoportail avant chaque vol. Gardez l’aéronef en vue, respectez les hauteurs autorisées et ne survolez jamais des personnes. Les obligations peuvent dépendre du poids de l’appareil et du lieu de pratique : consultez les informations officielles de la DGAC sur l’aéromodélisme.
Choisissez un terrain très vaste, sans obstacle, avec un vent faible et régulier. Le tutoriel original conseille de renoncer au-delà d’environ 15 km/h pour un premier essai ; avec un appareil léger en carton, moins de vent est encore préférable.
Lancer l’avion
Lancez et atterrissez face au vent. Pour le premier départ, demandez à une autre personne de lancer l’avion afin de garder les deux mains sur la radio. Le lancer doit être franc, horizontal et régulier — pas vers le ciel comme un javelot olympique.
Commencez par un court vol en ligne droite au-dessus d’une zone dégagée. Si l’avion monte brutalement et décroche, réduisez les gaz, vérifiez le centrage et avancez la batterie. S’il plonge fortement malgré une commande neutre, contrôlez l’alignement de l’empennage, les trims et le centrage avant de déplacer légèrement la batterie vers l’arrière.
Le prototype de la vidéo n’a pas parfaitement volé du premier coup. Il était trop lourd, trop centré arrière et manquait de contrôle en roulis. Les ailes ont été allégées, la queue raccourcie, le centrage corrigé et des ailerons ajoutés. C’est précisément l’intérêt du projet : observer, tester, corriger et recommencer.
Pourquoi un avion vole-t-il ? La science derrière le bricolage
Une aile en mouvement dévie de l’air vers le bas et crée une différence de pression entre ses surfaces. La résultante aérodynamique comprend une composante dirigée vers le haut : la portance. Plus l’avion va vite, plus l’aile est grande et plus l’angle d’attaque augmente, plus la portance peut croître — jusqu’au décrochage.
Le moteur ne « fait » donc pas directement voler l’avion : il produit la traction nécessaire pour maintenir une vitesse suffisante. L’aile porte, l’empennage stabilise et les gouvernes modifient l’équilibre des forces.
Le poids reste l’ennemi principal d’un avion en carton. Chaque renfort doit être utile. Chaque gramme ajouté à l’arrière impose souvent davantage de poids à l’avant pour rétablir le centrage. Voilà pourquoi alléger la queue peut améliorer l’appareil deux fois.

Les erreurs les plus fréquentes
Un avion trop lourd. Utilisez moins de colle, allégez les parties arrière et choisissez un carton adapté.
Un centre de gravité trop arrière. C’est l’une des causes les plus dangereuses d’instabilité.
Des ailes asymétriques. Comparez les deux profils, le dièdre et les angles.
Des gouvernes inversées. Vérifiez chaque axe juste avant le lancer.
Des tringleries trop souples. Le fil doit pousser sans se courber dans la gaine.
Des débattements excessifs. Un avion débutant n’a pas besoin de faire un tonneau en éternuant.
Une chaîne de propulsion mal assortie. Respectez les recommandations du fabricant pour le moteur, l’hélice, l’ESC et la batterie.
Un premier vol par vent fort. Le carton n’a rien à prouver à la météo.
Questions fréquentes sur la fabrication d’un avion télécommandé
Peut-on vraiment fabriquer un avion télécommandé en carton ?
Oui. Le carton ondulé permet de construire rapidement une structure légère et réparable. Le résultat sera moins durable qu’un modèle en mousse ou en balsa, mais il est excellent pour apprendre le prototypage, l’aérodynamique et l’électronique RC.
Combien coûte un avion télécommandé fait maison ?
Pour débuter de zéro, prévoyez environ 100 à 150 € selon la radiocommande, le chargeur et les composants choisis. Une partie importante du matériel est réutilisable ; le coût des prototypes suivants peut donc être bien plus faible.
Quelle batterie choisir pour un avion RC débutant ?
Une batterie LiPo 3S est courante sur les avions RC de cette taille, souvent entre 1 300 et 2 200 mAh. Le choix exact dépend toutefois du moteur, de l’hélice, du poids et de l’équilibrage de l’appareil. Suivez toujours les recommandations des fabricants.
Faut-il installer des ailerons ?
Un avion stable avec un dièdre suffisant peut voler avec direction et profondeur. Sur le prototype en carton présenté ici, l’ajout d’ailerons a néanmoins amélioré le contrôle. Pour un modèle trois axes, utilisez direction, profondeur et ailerons avec des débattements modérés.
Où faire voler un avion radiocommandé ?
Le lieu le plus sûr pour débuter est un club d’aéromodélisme. En dehors d’un club, consultez les restrictions officielles, respectez la réglementation applicable et choisissez un grand espace dégagé, loin des personnes, routes, bâtiments, aérodromes, animaux et zones à risque d’incendie.
Ce projet convient-il à un enfant ou un adolescent ?
Oui, à condition d’être accompagné activement par un adulte compétent. La découpe, la soudure, la batterie LiPo, le moteur et l’hélice nécessitent des règles de sécurité strictes. La construction peut être répartie selon l’âge : traçage et décoration d’un côté, opérations à risque de l’autre.
Et si votre enfant veut aller plus loin ?
Construire un avion télécommandé, c’est beaucoup plus qu’assembler du carton et un moteur. On découvre l’aérodynamique, l’électricité, la mécanique, le pilotage, mais aussi une compétence précieuse : apprendre à transformer un échec en amélioration.
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Article rédigé par Matthieu Desfontaines, ingénieur en aéronautique, inventeur, ancien créateur de la chaîne YouTube Lance Toi et fondateur des Apprentis Curieux.

